Dimanche 9 mars 2008
PARLER.

Raconter, répéter, cogiter... Faire en sorte que les choses s'enveniment, radoter comme des petites vieilles, histoire de fouttre la merde, que ça bouge et qu'on ait de quoi parler.

Il suffit de connaître les échos, s'informer à droite et à gauche. Il suffit d'ouvrir bien grand ses oreilles, guetter le moindre mouvement de lèvres, quitte à oublier qu'on a du travail et que le temps presse. La priorité est fixée depuis longtemps ici... on écoute, "mine de rien". On lache des petites phrases à tout va aux gens qui passent, pour mettre tout le monde dans le même bordel. Tout le monde est concerné. Tout le monde a son petit jardin secret qu'il suffit de gratter un peu au rateau, pour un jour y découvrir avec joie toutes les racines arrachées, les grains de sable d'une ancienne vie oubliée, à débiter sans pudeur au premier venu, voire à l'imbécile concerné. La vie des autres... c'est tellement plus intéressant que sa propre petite vie pourrie. Pourquoi s'intéresser aux bons côtés des gens, lire une bonne biographie de 500 pages quand on peut lire Voici?!

Aucune stratégie, juste une grosse dose de curiosité à cultiver sans retenue... On commence au début de la saison par planter sa graine de vice dans une résidence que l'on connait très bien, attendre patiemment qu'elle germe, que les plantes saisonnières viennent s'y meler, et les enraciner petit à petit, en toute subtilité. JUSTE POUR LE PLAISIR...

Un déballage grandeur nature de nos vies, par une collègue... Voilà ce à quoi on a droit depuis maintenant 4 mois, dans ce bordel touristique rempli de faux sourires et de non-dits. Ou de "trop-dits", selon la situation...

Le résultat? Un gros pétage de cable, de la part des pauvres couillonnes qui résistent mais se font quand même avoir par cette envie permanente de casser la gueule aux mémères lectrices de Voici. À LA mémère, devrais-je dire...

À l'heure actuelle, ... Autant se la fermer, toujours et encore, et tenter de ne pas trop se faire titiller par cette pute au rateau rouillé par les années de comérage. Quitte à mettre des barbelés à notre petit jardin secret et un no man's land miné autour de notre quotidien...
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Jeudi 31 janvier 2008
Megève... Saturation. Dégout... Remises en questions et autres pensées plutot négatives remuent dans mon cerveau glacé par la froideur de la saison. Les kilomètres qui me séparent de Perpignan sont de plus en plus difficiles à supporter.

La collocation se passe, mais comme je le redoutais, manque le principal. La solitude. Je manque énormément de moments de solitude.

Je pense, comme d'habitude, à l'avenir, à mon retour, au voyage en Belgique qui va bien me changer les idées, à la saison estivale que je vais - j'espère - passer à travailler sur la côte, à la formation que je vais devoir trouver pour passer l'hiver la tête au repos et le compte en banque approvisionné de trois cents euros par mois (toujours ça..!), du travail que je vais devoir trouver à côté pour pouvoir me payer un appart au plus tôt. Phase de changement, donc, depuis l'année 2007, beaucoup de choses qui font que je laisse derrière les sâles années pourries - qui devaient forcément être passées, certes. Phase de changement durant laquelle je me projette dans l'avenir... Peut-être un peu trop, mais c'est toujours mieux que de remuer le passé sans cesse.

BREF.

Je trouve le moyen de rentrer sur Perpignan de temps en temps, avec mon salaire tout à fait raisonnable, mais dont je n'ai aucune utilité ici (courses relativement rares, sorties quasi-nulles... ETC.)

Sur ce, j'espère que tout le 'tit monde avec qui je n'ai pas l'occasion de papoter ni d'avoir des nouvelles va bien, je tiendrai le blog à jour quand quelque chose de plus intéressant sera à raconter...
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Mercredi 19 décembre 2007

Un mois de travail à Megève, trois semaines de cohabitation avec Aurélie, sans qui mon séjour ici serait bien morne...
Voici quelques phrases résumant très bien notre quotidien.

****

Pause-clope
"J'vais me prendre un bain"
Dépoussiérage
Pause-clope
"Mais non... Deux torchons en plus par personne selon si c'est un appartement D ou A. Si c'est le batiment A t'en enlèves 1,5, et tu divises les tapis de bain par 6. Tu peux rajouter une cafetière, ça te donne le nombre de personnes locataires d'un appartement. Sans compter le rez-de-jardin et le 4ème étage bien sur..."
Pause-clope
"C'est le destin de Liiiiisaaaaaaa"
"Non mais c'est vrai les pauses-clopes faut les gérer..."
"Fait froid putaiiiiiiiiin j'ai la main gauche congelée"
"Mais... Pourquoi elle prend pas sa pause clope?!?!?!"
"Non... ça va péter là cet hiver ça va péter!!!"

****

Tel un joyeux couple de canaris, nous travaillons ensemble, mangeons ensemble,... On se fend pas mal la poire. On s'apprend mutuellement des expressions de notre coin respectif, on se cultive quoi.

Et puis il y a mon homme dont je n'ai pas envie de parler beaucoup sur ce blog, parce que ... c'est mieux le mystère ^^ Tout ce que je peux dire, c'est qu'on est bien ensemble...

Week-end prochain, direction Nîmes, week-end à deux, gros glandouillage dans le "froid" du Sud... et Retour à Megève.

J'ai l'impression que cet hiver se déroule différemment de ce que j'avais prévu... Je m'imaginais un hiver dépaysant, il l'est, certes,... Mais je l'aurais imaginé bien plus enrichissant. Professionnellement parlant, j'apprend. J'apprend les relations parfois compliquées entre collègues, j'apprend le travail en montagne, les pieds dans la neige...etc. J'apprend que vivre avec une collocataire peut aider à se découvrir un côté "tolérant" bien plus extensible que ce que l'on pensait.

Culturellement parlant, c'est pauvre. Je ne me bouge pas beaucoup pour voir les environs, mais c'est assez difficile de trouver une histoire à ce pays. Ca a l'air assez fréquenté, à la fois rural et touristique. Mais à part les montagnes, je ne vois visiblement aucun signe me permettant d'affirmer que le temps et l'histoire est passé par là. C'est un peu décevant de ce point de vue là. Le tourisme prend le dessus, l'argent, les loisirs pour la famille, les parkings, animations et hôtels... Je m'attendais à mieux.

L'hiver prochain ne sera pas passé au milieu de la neige ni des chalets, et des savoyards... C'est sur. (Ne voyez-là AUCUNE critique envers les gens d'ici, simplement une petite déception en ce qui concerne mon séjour ici.)

See you VERY soon...

xXx

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Dimanche 18 novembre 2007

CRS-Eco3.jpg

Je laisse ici une dernière petite trace de moi avant de partir, il se trouve que le pc portable s'est mis à... faire son caca nerveux,... Bref. Pas de net là-haut, sauf dans un cybercafé, ou si je trouve quelqu'un qui a un pc portable ça ne sera donc pas très évident pour moi de me connecter de toute façon.

J'aimerai juste dire à ceux à qui je n'ai pas eu le temps de dire au revoir,... AU REVOIR (ça, c'est fait........)

Aussi que je risque d'avoir du mal à contacter tout le monde avec mon forfait riquiqui, donc n'hésitez pas à m'apeller si vous voulez des nouvelles, et ça m'fera plaisir... J'veux ma boîte mail blindée. Je vais essayer de me trouver un bon forfait illimité pour l'hiver, histoire de ne pas être trop coupée du centre du monde (Perpignan, et ... mon chéri qui prend beaucoup de place dans ma tête depuis peu).

Je vous laisse avec une 'tite boule au ventre, non pas de partir et de passer 6 mois sur Megève, mais de ne pouvoir tous vous embarquer dans ma titine et s'taper des soirées fondues tous les week-ends. ^^ Je reviendrai au plus tot sur Perpi pour vous voir...

Vous allez beaucoup me manquer...

Bizoux à tous... (Jo, Romain, Miloud, Arno, Amandine, Eric, Claire, Nans, Julien, Guigui, Elisabeth, Stf, Cédric, Marjo, Vincent, Laura, Johan,...), tous ceux que j'oublie parce que j'suis en stress ce matin, et tous ceux qui passent sur ce blog par hazard...

Bizou spécial à mon homme, merci pour tout...coeur1s.gif

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Vendredi 9 novembre 2007
lierre.JPG

Tout va aller très vite... Ne me reste que 9 jours pour préparer mon départ, 9 jours pour passer du temps avec mes proches. Je vais surement me retrouver un peu à dépourvu avant de partir, manqueront certaines choses, certains objets utiles, peut-être me manquera-t-il des personnes pour dire les quelques phrases banales "à dans 6 mois, prends soin de toi... etc". Je me rassure en me disant qu'internet comblera ce manque cet hiver, que le temps ne me laissera pas le temps de penser aux gens que je quitte, mais j'y pense tout de même.

Je réalise que je n'aurai pas pu réagir de cette façon il y a quelques années. Je rêvais de partir, de ne plus voir les gens qui m'entouraient, mais j'avais encore le bac à passer, et le permis de conduire était loin d'être acquis. "Les autres" ne m'inspiraient que mépris et bêtise, imbécilité et je n'arrivais pas à trouver d'amis dignes de ce nom. Aujourd'hui, ils viennent à moi sans que je n'aie à entamer une quelconque recherche. Quelle joie... Je pense que c'est le genre de situation qui arrive forcément quand on se sent en accord avec soi-même. Ce qui est le cas actuellement. Je reçois depuis peu des compliments concernant mon écriture, ma façon de concevoir la vie,... sur moi. Le genre de compliments qui font chaud au coeur. Ces personnes - que je connais personnellement ou pas - n'imaginent pas comme je leur en suis reconnaissante. J'arrive enfin à imaginer un monde parfait, des projets et à ressentir des envies qui me sont indispensables. Tout le monde a ses envies, ses besoins... Je n'arrivais pas à les comprendre. Je réalise aussi l'importance des amis, de l'amour, et du respect de soi autant que celui des autres... (Je vais finir Dalaï-lama si ça continue ^^).

Bref. Merci en tout cas à ceux qui me comprennent, ils se reconnaitront sans doute, je pars mais les kilomètres n'empêcheront rien à l'image que vous me donnez de vous, celle d'un vrai trésor à conserver où que je sois...
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Vendredi 2 novembre 2007
DSC04538.JPG

J'ai joint cette photo au présent article non pas pour montrer mes hanches - quasi invisibles d'ailleurs! non mais! la pudeur, ça vous dit quelque chose?!...  - mais, comme je l'ai déjà précisé précédemment, j'attache de l'importance aux symboles. N'y voyez aucune superstition ou aucun signe mystique, mais un simple besoin de représenter une idée ou un sentiment par une image visuelle. Et les tatouages sont pour moi une forme d'expression indirecte de cette idée par le dessin, en l'occurence, d'une fleur ou d'un serpent. Ils ne sont en aucun cas synonyme d'un certain côté rebelle que je pense avoir perdu depuis quelques temps. On ne va à l'encontre de rien en se faisant tatouer "fuck the system" sur les fesses, comme on ne gagne pas de liberté en se retrouvant avec des ailes dessinées dans le dos.
Il m'est essentiel que personne ne connaisse la signification précise de ces dessins.

Certes. Je n'avais pas de sujet particulier pour écrire cet article mais je crois qu'il ne m'est pas nécessaire d'explorer ce dernier.

La préparation du départ est .... quasi nulle. J'ai des choses à acheter, mais il y a ce qu'on apelle "la flème" qui m'empêche complètement de réaliser ces quelques dépenses.

J'ai hâte de rencontrer les personnes avec qui je vais bosser et partager de mon temps cet hiver... Je parcours le net ces derniers temps pour voir un peu ce qu'il y a à faire sur Megève, en vain. Je verrai sur place, comme d'habitude. Je ne m'en fais pas. J'ai comme un élan de positivité ces derniers jours, envie de partir et de voir enfin ce qui m'attend là-haut. Laisser mon pc, oublier ma maison, laisser mes amis, abandonner les concerts... Des bonnes choses sont laissées de côté, mais si je vis dans le passé, ... Rien n'ira très bien dans ma tête. Je réalise que je ne vis même pas dans le présent, mais le futur. Je projette, je réalise et apprécie, mais j'adore vraiment projetter, m'imaginer... Je vis peut-être dans un rêve permanent, mais ça me convient. Tant que la chute n'arrive pas trop rapidement...

Il faut que vous écoutiez
ça... i_bug_fck
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Dimanche 21 octobre 2007



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Vendredi 19 octobre 2007

Mais d'où me vient donc ce petit sourire minable, cette mine à moitié rêveuse qui pourrait laisser paraître un semblant de bonheur pointant le bout de son nez dans l'horizon loiiiiintain.....?!

Photos-d-identit--.jpg

Pour comprendre, retour en début de semaine...

Lundi : Grosse journée. J'ai traversé la moitié de la France pour arriver à ... Chamonix! En passant par la gare de Lyon Part-Dieu (affreux affreux affreux... J'ai repris la clope après 10 mois d'abstinence, au moment où je me suis attardée dans l'incroyable fourmilière à laquelle j'appartenait, le temps d'attendre mon train). Arrivée donc à Chamonix à 21h.

Mardi : Qu'est-ce que je pouvais bien faire à Chamonix en cette période de l'année..? Et bien... Je me suis lancée un objectif, celui de ne pas revenir sur Perpignan sans emploi. Direction donc Chamonix au forum de l'emploi hotelier.

Résultat des courses : 10h30, deuxième entretien de la matinée,... Et la deuxième fut la bonne. Plus de 2000 offres d'emploi au forum, la saison est propice à l'embauche dans ce coin là de la France. Ils n'ont en effet pas assez de main d'oeuvre sur place pour l'hiver, et sont donc ravis de voir débarquer des jeunes de partout pour occuper des places de serveurs, cuisto, femmes de chambre,... etc. Des jobs de saison.

Mercredi : Pour résumer, je me rend de Chamonix à Megève, lieu de mon futur travail saisonnier. Beaucoup de rencontres hazardeuses ce matin-là, dont celle avec un chauffeur de bus ayant habité Perpignan, Angelo, particulièrement gentil et ouvert à la discussion, amateur de bonne musique, et de très bon conseil. En une matinée passée avec lui, j'ai appris le spectacle dont j'allais être la spectatrice cet hiver : Megève est apparement une ville très fréquentée par les gens de la haute, Ferrari et Jaguar sont visibles tous les jours et les pourboires dépassent systématiquement les 50€. Ces gens-là ne se mélangent pas, mais j'ai compris durant cette matinée qu'il suffisait d'être ouvert et de parler au gens simplement pour se faire apprécier. Pas moins de 5 rencontres ce matin-là m'ont confortées dans l'idée que l'hiver allait être une période de ma vie que je n'allais pas oublier facilement.

Me voilà donc embauchée en tant que femme de chambre dans l'hotel-club Maeva du Mont D'Arbois, hôtel construit par les Rothschild en 1920, un palace de 180 appartements, surplombant la ville de Megève. Superbe. Le début de la saison est en Décembre, je m'y rend cependant le 19 Novembre pour la préparation des appartements.

Une bonne nouvelle donc, embauchée jusqu'au mois d'avril dans un endroit magnifique, et une mauvaise,... je tousse à nouveau comme une fumeuse régulière, que je ne vais surement pas tarder à redevenir vue la vitesse à laquelle mon paquet de tabac se vide... D'où mon sourire de Joconde, sincère, ... Mais pas trop.

En attendant le prochain épisode,... Soyez heureux, et pensez à vous..!
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Vendredi 5 octobre 2007
Je prend deux mois.



La scène que l'on voit au-dessus, c'est comme un cliché de ce que j'ai à l'intérieur. Une espèce de troupe de personnes, chacune d'entre-elles représentant les valeurs que j'affectionne et qui me font vivre (bien ou mal). Remarquez que tout le monde a l'air de chercher quelque chose... C'est le bordel.

Mon rôle : recadrer la troupe pour que tout soit dans l'ordre. Que l'équilibre soit établi, que l'harmonie soit le maître mot de mon petit corps physique et psychologique. Maitriser un groupe. Demander à la pitié de fermer sa gueule et d'aller se pendre, conseiller la confiance pour qu'elle comprenne que le temps passe vite, et que les choses ne se font pas toute seules... Demander à la peur de se raisonner le plus possible.

Je prend deux mois pour que mon projet se concrétise. Un nouveau départ, un voyage... M'installer ailleurs, me démerder - seule ou accompagnée - pour trouver le moyen de partir. Je ne vis plus ici. Je vis quand je suis ailleurs... J'ai donc vingt ans, j'ai passé du temps à chercher une motivation, un emploi, le "pourquoi je reste ici, et qu'est-ce que j'y ferai..?"

Aujourd'hui, je me résoud à répondre à la question "comment partir?". Le reste, aux chiottes. L'amour attendra, partira avec moi (qui sait?), ou m'abandonnera... Dans tous les cas, moi, je ne m'abandonne pas.
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Dimanche 30 septembre 2007

Laissez-moi rêver que j'ai dix ans... 

Cet air-là me reste en tête depuis ce matin. Je suis un peu triste. Les anniversaires ne sont jamais très joyeux chez moi. Comme je l'ai déjà écrit par ici, si je suis très heureuse c'est bien pour le concert d'Eiffel ce soir... Tous les messages que je reçois depuis ce matin me font plaisir,...  Il manque cependant toujours des choses, des personnes... Alors je compense avec la musique. Aujourd'hui, pas question qu'on me dise qu'elle est de trop ou que le son est trop fort. C'est ma petite source de bonheur. Pourvu que la déception soit masquée ce soir...

Si tu m'crois pas...
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