Mardi 6 novembre 2007
Url.jpgVoici un article consacré à un livre assez singulier et dont on ne parle pas assez… «Chroniques de luxe» est le résultat d’un projet vraiment pas comme les autres : Sébastien Bataille, journaliste, a réuni les chroniques de 40 artistes, à partir d’une interrogation, «Un bon musicien peut-il faire un bon rock critic ?». Les artistes, tous français, ont accepté d’écrire une critique sur le dernier album d’un artiste… également francophone. Chaque artiste se livre à cette expérience, chacun dans son propre style, et nous donne un avis nous permettant de (re)découvrir des albums plus ou moins connus, d’artistes confirmés ou en devenir.

Romain Humeau critique À plus tard crocodilede Louise attaque, Blanckass choisit de parler de En Public de Noir Désir, Sinsemilia sur Suprême NTM de NTM, Anaïs du Live au Trianon
de Camille, les Wampas sur Ma vérité de Johnny Hallyday, Lycosia sur Alice & June d’Indochine, Nadj critique Petits cauchemars entre amis entre amis du groupe Asyl,…entre autres.

On retiendra aussi en fin de livre la critique de l’album Tandoori
d’Eiffel par Sébastien Bataille, brillante de vérité, dont voici un extrait :

«En 2007, quand il n’y a plus grand-chose d’humain pour l’éternité (ni pour la musique), il y a encore des objets physiques comme « Tandoori » qui permettent de survivre dans un environnement où chacun peut prétendre au fameux quart d’heure de célébrité cher à Wharol, devenu principalement le quart d’heure des abrutis. Puisse Eiffel ne pas avoir son quart d’heure de gloire mais juste l’éternité pour lui, l’éternité de l’instant t, de l’instant Tandoori. »

Ce livre reste en tout cas un bel exemple de ce que la musique peut provoquer, du dévouement d’artistes déterminés à partager leur coup de cœur.

Envie de le lire ?... C’est «Chroniques de luxe» de Sébastien Bataille - 18€, éditions Le Bord de l’Eau.

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Dimanche 23 septembre 2007

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Comme les choses sont simples… J’atteins environ la moitié du livre « Bel-Ami » de Maupassant, le vent rafraîchit l’air, la mer est calme, le ciel est bleu-gris… mais aujourd’hui je n’ai pas besoin de le regarder pour m’évader. Cocorosie aide beaucoup.
 
Et il y a ce livre que j’ai trouvé en poche à deux euros à Lorient cet été, dans une de ces librairies « démontables » qui fleurissaient dans les rues ce jour-là, en plein festival Interceltique. Ce livre n’a rien à voir avec la Bretagne, mais je voyage dans ma tête quand je l’ai dans mes mains. C’est un livre qui avait déjà été lu par des élèves, il y a des commentaires plutôt comiques sur le texte dans les marges de certaines pages. Ça me plait de récupérer ces notes… C’est comme si je volais des moments vécus, des émotions… Une sorte de partage non voulu et indirect que j’aime à trouver dans les livres. Il y a certaines traces que je n’aime pas trouver : des dédicaces, des mots gentils… Je ne comprends pas qu’on puisse se débarrasser d’un livre offert. J’avais acheté d’occasion ce livre du Petit Prince, avant de trouver ce mot en première page :
 
À mon fils Florian à qui j’offre ce livre avec tout mon amour.
Maman.
 
Le Petit Prince offert à un enfant par sa mère ne devrait pas être oublié, jeté ou donné. La couverture de mon livre est très abîmée. J’adore tordre les livres dans tous les sens, les plier, les tâcher, les rouler,… comme pour donner la preuve que j’ai bien lu ce livre, comme pour se rappeler plus tard que j’avais adoré ce qu’il y a à l’intérieur. Une façon aussi de me l’approprier. C’est moi qui ai fait ces courbures. C’est moi qui ai donné au livre une partie de son âme. Je vieilli cet objet sans remords. Parce que j’ai l’impression qu’il n’y a rien de plus triste qu’un livre neuf. Les couvertures lisses des livres rangés en grande surface ont un aspect neutre, fade. J’ai beaucoup de mal à acheter un livre dans ces endroits-là. Un vieil ordinateur, c’est laid, c’est démodé. Un vieux livre, c’est magnifique, ça sent le papier caressé mille fois, ça a l’air précieux parce qu’on sait qu’il est unique, qu’une note laissée à la dernière page lui donne une valeur inestimable, et que l’écriture manuscrite qui précise le nom de son ancien propriétaire indique que c’est un objet qui a une vie antérieure à la sienne.
 
Quant au texte… avant de pouvoir vous en parler, il me reste encore des mots à corner et des paragraphes à respirer…
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